Le Dr Jules Cormier, médecin de famille, s’entretient avec des cliniciens et des dirigeants de la santé au Nouveau-Brunswick sur les formes que revêt la prévention dans la pratique réelle.
La prévention fait beaucoup parler d’elle en ce moment en médecine, et pour cause : face à l’augmentation des taux de maladies chroniques et à la saturation des capacités des établissements de santé, la médecine du mode de vie et la nutrition sont plus que jamais d’une importance cruciale. Pour relayer ces conversations aux médecins de tout le Nouveau-Brunswick, la SMNB s’est associée au Dr Jules Cormier, médecin de famille, chirurgien cutané, auteur de balados, sportif, nutritionniste et naturopathe, pour produire une nouvelle série balado sur la santé préventive.
Tout au long de la série, le Dr Cormier s’entretiendra avec cinq médecins, la ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance ainsi que la directrice générale de Sankewitahasuwakon, groupe de travail sur la transformation de la santé et du mieux-être des Premières Nations au Nouveau-Brunswick, afin d’examiner les formes que peut prendre la prévention dans la pratique, des données probantes à la mise en œuvre, et des changements de comportement individuels aux mesures de soutien à l’échelle du système.
Il ressort de ces conversations un thème commun : la prévention n’est pas une intervention ponctuelle, mais une approche qui relie les soins cliniques aux conditions sociales et politiques influant sur la santé.
Aux yeux de la Dre Lise Babin, la médecine s’étend bien au-delà des murs de la clinique. Médecin de famille, éducatrice et présidente de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, la Dre Babin plaide pour un leadership médical axé sur la communauté, la prévention et la responsabilité partagée.
Le travail de la Dre Babin met en lumière les façons dont l’engagement des médecins – dans l’éducation, le mentorat et la défense des droits – contribue à un système de santé résilient. De la lutte contre l’épuisement professionnel au renforcement des soins primaires et à la promotion de modes de vie plus sains, la Dre Babin insiste sur le fait que la prise en charge des personnes qui prodiguent des soins constitue une priorité de santé publique. Son leadership reflète une vision plus large de la médecine, fondée sur la collaboration, la confiance et le courage de façonner un avenir plus sain pour les Néo-Brunswickois.
« Quand nous investissons en amont – dans les soins primaires, les mesures de soutien communautaires et la prévention – nous n’“ajoutons” pas de travail; nous réduisons le fardeau pour tous à plus long terme. »
Roxanne Sappier contribue à remodeler l’avenir des soins de santé au Nouveau-Brunswick en mettant les collectivités des Premières Nations aux commandes. En tant que directrice générale de la transformation de la santé et du mieux-être des Premières Nations (Sankewitahasuwakon), elle travaille à l’avancement d’un système de santé coordonné et dirigé par la communauté, fondé sur l’autodétermination, la sécurité culturelle et le bien-être holistique. Fière femme wolastoq de la Première Nation de Tobique (Neqotkuk), Mme Sappier possède plus de 25 ans d’expérience en leadership dans le domaine de la santé autochtone. Elle a notamment assuré la supervision de services de santé communautaires agréés à l’échelle nationale et soutenu l’élaboration de nouveaux modèles de soins. Son travail met l’accent sur la collaboration avec les partenaires provinciaux et fédéraux – sans jamais perdre de vue les priorités communautaires, la confiance et le mieux-être à long terme, démontrant ainsi comment les systèmes de santé sont plus forts, plus efficaces et plus équitables lorsqu’ils sont façonnés par les personnes qu’ils servent.
« L’autodétermination n’est pas qu’un principe, c’est un moyen pratique de créer des soins dans lesquels les gens ont suffisamment confiance pour y recourir dès que le besoin s’en fait sentir, et non uniquement en cas de crise. »
Claire Johnson considère les politiques publiques comme l’un des outils les plus puissants pour l’amélioration de la santé – pourtant souvent négligé. À titre de ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, elle met à contribution ses expériences antérieures en santé des populations, en nutrition et en recherche. Diététiste de formation et ancienne professeure d’université, Mme Johnson se concentre sur la façon dont la petite enfance, l’éducation et la sécurité alimentaire façonnent les résultats en matière de santé tout au long de la vie. De la promotion de programmes de déjeuners scolaires universels au renforcement des mesures de soutien des enfants et des familles, son approche met l’accent sur la prévention, l’équité et les retombées à long terme. Son travail témoigne d’une vision plus large de la santé, élaborée non seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les salles de classe, les collectivités et les choix politiques qui influent sur le quotidien des Néo-Brunswickois.
« Si nous attendons que les enfants aillent mal, nous avons déjà raté la période optimale pour la prévention. »
La Dre Jennifer Russell aborde certains des défis de santé les plus urgents du Nouveau-Brunswick sous l’angle des populations. Largement reconnue pour son leadership en tant que médecin hygiéniste en chef de la province pendant la pandémie de COVID-19, elle est maintenant directrice générale de l’Institut de la santé des populations de l’Université du Nouveau-Brunswick. Son travail porte sur la résilience, la prévention et la réduction du fardeau croissant des maladies chroniques grâce à des solutions à long terme fondées sur des données probantes. S’appuyant sur les leçons tirées de la pandémie, la Dre Russell souligne que la santé se construit bien au-delà des hôpitaux et des cliniques – façonnée par les politiques, la conception communautaire et les conditions de vie quotidiennes. Son leadership fait ressortir l’importance de la compassion, d’une communication claire et d’un investissement soutenu dans la prévention pour bâtir un avenir plus sain pour les Néo-Brunswickois.
« La prévention est un engagement à long terme – mesuré en années, et non en cycles de nouvelles –, mais c’est aussi par la prévention que nous avons le plus à gagner. »
Le Dr Yves Léger travaille en coulisses pour protéger la santé des Néo-Brunswickois bien avant que ceux-ci ne tombent malades. En tant que médecin hygiéniste en chef de la province, il dirige des efforts axés sur la prévention, la prise de décisions à l’échelle des populations et les conditions à l’origine de la santé quotidienne. Ses travaux englobent la prévention des maladies chroniques, la promotion d’environnements sains et l’élaboration de politiques qui influencent discrètement la vie de tous les jours, des systèmes alimentaires et des communautés piétonnes aux normes de santé en milieu de travail et en milieu scolaire. Fort d’une expérience en santé publique et en médecine préventive, le Dr Léger insiste sur le fait qu’une santé publique efficace est souvent invisible, fonctionnant en amont pour réduire les risques et améliorer les résultats dans l’ensemble des collectivités. Le leadership du Dr Léger fait ressortir le rôle de la prévention, de la confiance et des politiques fondées sur des données probantes dans l’édification d’une province en meilleure santé.
« Quand la santé publique fonctionne, elle fait peu parler d’elle. L’objectif est de réduire le nombre de situations d’urgence, et non de faire les manchettes. »
Les Dres Christelle Thériault et Josée Lanteigne Dupuis contribuent à faire évoluer la façon dont l’obésité est comprise et traitée, mettant fin au blâme pour promouvoir plutôt une orientation scientifique. Au sein du système de soins bariatriques du Nouveau-Brunswick où elles œuvrent toutes les deux, elles apportent des perspectives médicales et psychologiques complémentaires à une condition façonnée par la biologie, le comportement et l’environnement. Leurs travaux révèlent pourquoi le poids constitue une mesure incomplète de la santé, comment les hormones et le stress peuvent influencer les habitudes alimentaires et pourquoi la stigmatisation demeure l’un des plus grands obstacles aux soins. Des interventions ciblant le mode de vie et des médicaments GLP-1 à la chirurgie bariatrique, elles font valoir qu’un traitement efficace nécessite le soutien à long terme d’une équipe. Leur message est clair : l’obésité est une maladie chronique complexe, et non un échec personnel, et les progrès significatifs dépendent de soins fondés sur des données probantes, d’une pratique compatissante et d’un changement à l’échelle du système.
« Lorsque l’objectif n’est plus de “perdre du poids” mais d’“améliorer sa santé”, les patients obtiennent de meilleurs résultats sur tous les plans – sommeil, mobilité, résultats de laboratoire, humeur et qualité de vie. »
Prises ensemble, ces voix offrent un rappel pratique : la prévention se résume rarement à un programme ou un rendez-vous unique. C’est l’effet cumulatif de petites décisions cliniques, de collectivités solidaires et de politiques qui rend les choix sains plus réalistes pour les patients.
Les médecins qui souhaiteraient explorer la série peuvent l’écouter via le balado The Dr. Jules Plant-Based Podcast. Les nouveaux épisodes et faits saillants feront l’objet de publications sur les comptes de médias sociaux de la SMNB : Facebook, LinkedIn, YouTube et Instagram.
Dans un système déjà mis à rude épreuve, la prévention n’est pas un luxe, mais bien l’une des rares stratégies qui peuvent améliorer les résultats tout en allégeant la pression au fil du temps.
Nora Lacey, chef de la participation des médecins et des patients



